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 Frontières, résilience et avenir partagé, replacer le développement socio-économique au cœur des relations entre la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone(Tribune)

Gouvernance

 Frontières, résilience et avenir partagé, replacer le développement socio-économique au cœur des relations entre la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone(Tribune)

À l’heure où des tensions récurrentes émergent entre la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone, il devient impératif de recentrer le débat sur l’essentiel : Le développement socio-économique durable des communautés transfrontalières. Parmi celles-ci, la communauté Kissi, établie à la jonction de ces trois pays, incarne à la fois une histoire de résilience exceptionnelle et une vulnérabilité persistante face aux crises.

 

 

Victime de conflits armés, de rébellions et d’épidémies majeures telles qu’Ébola, la COVID-19 et le choléra, cette communauté a démontré une capacité d’adaptation remarquable. Cependant, il est fondamental de reconnaître que la résilience ne doit pas être perçue comme une ressource infinie à exploiter, mais comme un signal d’alerte qui appelle à des politiques publiques plus justes, inclusives et durables.

  1. La libre circulation, un levier fondamental de développement

Les zones frontalières entre ces trois pays sont historiquement des espaces d’échanges économiques, culturels et sociaux. La restriction ou la politisation des frontières fragilise directement :

  • Les moyens de subsistance (commerce transfrontalier, agriculture, marchés locaux)
  • Les dynamiques familiales et communautaires
  • L’accès aux services de base (santé, éducation, eau)

La libre circulation des personnes et des biens doit donc être considérée non seulement comme un droit fondamental, mais aussi comme un moteur clé de développement régional. Toute entrave prolongée à cette mobilité risque d’exacerber la pauvreté, les tensions et les conflits.

  1. Les causes structurelles des tensions transfrontalières

Une approche scientifique du phénomène met en évidence plusieurs facteurs récurrents :

  • La faiblesse de la gouvernance locale et des mécanismes de gestion des conflits
  • L’absence de politiques concertées entre les États voisins
  • La marginalisation socio-économique des zones frontalières
  • L’instrumentalisation politique des identités communautaires
  • Le manque d’infrastructures et de services publics adaptés

Ces facteurs créent un terrain propice aux incompréhensions, aux rivalités et aux violences.

  1. Approches durables et concrètes pour prévenir les conflits

En tant que professionnel du développement communautaire, plusieurs approches intégrées peuvent être proposées :

  1. a) Mise en place de cadres de gouvernance transfrontalière
  • Création de comités locaux mixtes (Guinée–Libéria–Sierra Leone) incluant autorités, leaders communautaires et jeunes
  • Institutionnalisation de mécanismes de médiation communautaire
  • Renforcement des systèmes d’alerte précoce
  1. b) Développement économique inclusif
  • Promotion des marchés transfrontaliers sécurisés et régulés
  • Soutien aux chaînes de valeur agricoles locales
  • Accès au microcrédit pour les femmes et les jeunes entrepreneurs
  • Investissements dans les infrastructures (routes, ponts, centres de stockage)
  1. c) Renforcement du capital social et de la cohésion
  • Programmes d’éducation à la paix et au vivre-ensemble
  • Valorisation des identités culturelles communes (langue, traditions Kissi)
  • Organisation d’événements communautaires transfrontaliers
  1. d) Approche intégrée santé-développement
  • Systèmes de surveillance sanitaire transfrontaliers
  • Accès équitable aux soins de santé
  • Sensibilisation communautaire aux risques sanitaires
  1. e) Implication active de la diaspora et des partenaires
  • Mobilisation des ressources de la diaspora Kissi
  • Partenariats avec ONG, institutions régionales et internationales
  • Coordination avec les politiques de la CEDEAO

  1. Cas emblématiques, Sorlumba et Yenga, des leçons à transformer en solutions

Les situations de Sorlumba et de Yenga illustrent concrètement les défis persistants de la gestion des espaces frontaliers dans cette région. Ces localités, marquées par des différends territoriaux et des tensions récurrentes, ne doivent plus être perçues uniquement comme des zones de conflit, mais comme des opportunités de transformation et de coopération.

Il est essentiel que la communauté locale joue un rôle actif aux côtés des autorités compétentes pour :

  • Encourager le dialogue permanent et inclusif entre toutes les parties prenantes
  • Participer à la recherche de solutions durables, consensuelles et pacifiques
  • Refuser toute instrumentalisation politique ou communautaire des différends
  • Promouvoir des initiatives locales de développement (marchés, infrastructures, services sociaux)

La résolution définitive de ces situations passe par une approche participative où les populations concernées ne sont pas de simples spectateurs, mais des acteurs clés du processus.

Se concentrer sur le développement plutôt que sur les conflits est non seulement une nécessité, mais aussi une urgence stratégique pour éviter la répétition des erreurs passées.

  1. Message à la communauté Kissi

À la communauté Kissi vivant en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone :

Votre histoire est marquée par des épreuves immenses, mais aussi par une force collective admirable. Cependant, il est crucial de ne pas retomber dans les mêmes pièges qui ont freiné votre développement et coûté tant de vies et d’opportunités.

Refusons les manipulations, les divisions artificielles et les conflits inutiles.
Choisissons la voie de l’unité, de la solidarité et de la responsabilité collective.

L’avenir de cette communauté ne se construira ni dans la méfiance ni dans la confrontation, mais dans la coopération, l’intelligence collective et la paix durable.

Le développement durable des zones frontalières en résumé entre la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone repose sur une vision partagée : celle d’un espace intégré, pacifique et prospère. La libre circulation, la coopération transfrontalière et l’investissement dans le capital humain sont des piliers incontournables de cette transformation.

Construire des ponts, physiques, économiques et sociaux, n’est plus une option, mais une nécessité stratégique.

Soyons unis, solidaires et engagés pour un avenir où les frontières ne divisent plus, mais rapprochent.

Tamba Alexis Kondiano

Mastorant en MBA-Rural Management

KIIT University, KSRM-Inde

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