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La Guinée obtient sa première note financière internationale, B+ Stable (Analyse)

Gouvernance

La Guinée obtient sa première note financière internationale, B+ Stable (Analyse)

Le 19 septembre 2025, la Guinée a obtenu pour la première fois une note financière internationale. L’agence Standard & Poor’s (S&P) lui a attribué la note B+ avec perspective Stable.

 

Qu’est-ce que ça veut dire ?

C’est un peu comme une note de confiance donnée par un examinateur indépendant. Cette note montre que : L’économie guinéenne est considérée comme solide. Les réformes engagées par l’État commencent à porter leurs fruits. La Guinée devient plus crédible aux yeux des investisseurs étrangers.

Concrètement, cela va aider le pays à emprunter plus facilement ( en grande quantité et avec des taux plus bas que ceux pratiqués en l’absence de la note )  de l’argent sur les marchés financiers pour financer ses grands projets, notamment le Programme Simandou 2040.

Pourquoi la Guinée a eu cette note ?

Selon S&P, plusieurs raisons expliquent cette décision : La croissance économique : la Guinée est 1er producteur mondial de bauxite et s’apprête à exploiter le gigantesque gisement de fer de Simandou. Entre 2026 et 2028, la croissance du pays pourrait dépasser 10 % par an.

Les réformes : digitalisation des impôts, meilleure gestion des finances publiques, modernisation des institutions. La discipline budgétaire : déficit public contenu sous les 3 % du PIB et dette en baisse (de 44 % à environ 35 % du PIB).

L’inflation mieux maîtrisée : elle est passée de 11 % en moyenne en 2020-2022 à environ 3,5 % aujourd’hui.Des partenaires solides : coopération avec le FMI, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, etc.

Pourquoi c’est important ?

Cette note B+ permet à la Guinée de : Renforcer sa crédibilité internationale,

Rassurer les investisseurs étrangers,

D’accéder  facilement aux marchés  des capitaux internationaux ,

Construire une base solide pour financer ses projets, surtout le Simandou 2040.

C’est quoi une note souveraine ?

 Une note souveraine, c’est l’évaluation faite par une agence de notation sur la capacité d’un pays à rembourser ses dettes (intérêts + capital).

Les notes vont de AAA (meilleure signature) à D (risque de défaut).

La Guinée a obtenu B+, ce qui signifie qu’elle est jugée solvable mais avec encore quelques risques.

Le fait que S&P ait dit dans son rapport << B+ avec perspectives stables >> veut dire qu’à courte et moyenne échéance que la Guinée n’aura aucune difficulté  à assurer les services de sa dette et à  la rembourser.

Les principales agences de notation sont : Standard & Poor’s (S&P), Moody’s, et Fitch Ratings.

Comment ça marche, une notation ?

Le pays demande la notation à l’agence (c’est un service payant). Ce n’est pas parce que l’émetteur paie pour se voir attribuer une note que l’agence de notation donne une note de complaisance.  L’agence de notation sait que sa  crédibilité est son capital.

Les analystes collectent des informations :  macro-économiques, monétaires, de  finances publiques,  sur les institutions.  Ils effectuent aussi des entretiens avec les responsables et dirigeants .

Ils évaluent les risques divers ( financiers  , politiques, etc.) et scénarios possibles.

Un rapport est rédigé et une note est attribuée.

Ce travail prend généralement 2 à 4 mois.

La note, est-ce définitif ?

Non. Une note évolue dans le temps. Le pays noté est sous surveillance.  Si la situation économique , financiére , politique  s’améliorent  : la note peut monter.

Si au contraire il y a des crises ou des difficultés :  la note peut baisser. Si cela arrive , les primes de risquent montent et les taux d’intérêt aussi ,alors le cours des obligations émises baissent .

La Guinée sera donc surveillée en permanence par S&P et les autres acteurs financiers. La Guinée a obtenu B+ Stable, sa première note financière internationale, au-dessus de la moyenne des notes inaugurales  observées dans les pays africains et surtout en Afrique de l’Ouest.

C’est un signal positif qui va aider à attirer des investisseurs et à financer le développement, même si le pays doit continuer à réformer et à maintenir la discipline économique.

Ibrahima SANOH

Consultant en Finance et Stratégie d’entreprise 

Gérant du Cabinet The Kapital Consulting Group

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