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États-Unis, mécontent des chiffres de l’emploi, Donald Trump limoge la cheffe des statistiques

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États-Unis, mécontent des chiffres de l’emploi, Donald Trump limoge la cheffe des statistiques

Le président américain Donald Trump a exigé vendredi 1er août le renvoi de la principale agence de statistiques économiques du pays, après la publication du dernier rapport sur le chômage dans le pays. L’annonce a stupéfié certains économistes et scandalisé les opposants du milliardaire, alors que les chiffres de l’emploi mettent à mal le discours triomphaliste de Donald Trump.

 

Le président américain a dénoncé des chiffres, selon lui, « truqués pour donner une mauvaise image des républicains et de moi-même », sans avancer de preuves de cette manipulation. Plus tard, lors d’un échange avec la presse, il a lancé : « Nous avons besoin de personnes à qui nous pouvons faire confiance », puis a à nouveau accusé la responsable d’avoir gonflé les chiffres dans le passé au profit de la précédente administration, celle du démocrate Joe Biden.

Erika McEntarfer est la commissaire du Bureau fédéral des statistiques, un organisme qui publie les chiffres de référence sur l’emploi, la productivité et les prix aux États-Unis « Le renvoi totalement infondé d’Erika McEntarfer, qui m’a succédé, est un précédent dangereux et sape la mission du Bureau », a critiqué son prédécesseur à ce poste, William Beach, sur les réseaux sociaux. Il avait notamment officié pendant le précédent mandat de Donald Trump.

En juillet 73 000 créations d’emploi

Le rapport mensuel sur l’emploi aux États-Unis publié vendredi a surpris, en peignant un tableau plus sombre qu’attendu de l’état du marché du travail, à l’heure où les experts prédisent un ralentissement sous l’effet de l’offensive douanière du président américain. Le taux de chômage a très légèrement grimpé : il atteint 4,2% en juillet, contre 4,1% en juin. La création de 73 000 emplois est inférieure à ce qui était prévu. Il n’en faut pas plus pour que le président américain crie à l’arnaque, lui qui affirme que l’économie américaine est en très grande forme, explique la radio France internationale.

Le nombre d’emplois censés avoir été créés pendant les mois de mai et de juin a été fortement révisé à la baisse, 260 000 emplois de moins que prévu. Les chiffres corrigés (19 000 en mai et 14 000 en juin) s’affichent au plus bas depuis la pandémie de Covid-19.

Mais il y a une explication rationnelle à cela : les entreprises, notamment les petites et moyennes entreprises (PME), ont mis plus de temps à répondre aux enquêtes de l’agence des statistiques. D’où ces chiffres réactualisés à la baisse avec deux mois de retard. Cela traduit aussi un manque de confiance dans les institutions, estiment certains experts.

Les chiffres mettent à mal le discours triomphaliste de Donald Trump sur l’économie américaine, alors que plusieurs sondages font état d’une baisse de sa cote de confiance. Il ne cesse d’affirmer que l’économie est rugissante, tout en appelant avec insistance la Banque centrale des États-Unis (Fed) à la soutenir davantage en diminuant les taux d’intérêt.

La cheffe des statistiques accusée de manipuler les chiffres

 Dans la foulée de la publication du rapport, le président a donc ordonné le limogeage de la commissaire aux statistiques du travail. Selon lui, Erika McEntarfer agirait ainsi parce qu’elle a été nommée par Joe Biden. Et il l’accuse même d’avoir déjà manipulé les chiffres du marché du travail auparavant, quand cela servait les intérêts de l’administration démocrate.

Le président américain a aussi écrit sur son réseau Truth Social que le patron de la Fed Jerome Powell, qu’il n’a de cesse d’accabler, « devrait démissionner » lui aussi.

La commissaire s’ajoute à la longue liste des personnes limogées par Donald Trump pour la simple raison que le président n’était pas content de ce qu’elles ont pu dire, faire ou écrire. La décision de Donald Trump a immédiatement été critiquée par les démocrates qui accusent le président de vouloir placer ses alliés à tous les postes stratégiques pour « pouvoir manipuler la vérité quand elle ne lui plaît pas ».

La fédération américaine d’économistes NABE a quant à elle « fermement condamné » ce renvoi. « Les révisions importantes des chiffres de l’emploi ces dernières années ne reflètent pas une manipulation, mais plutôt la diminution des ressources allouées aux agences statistiques », a-t-elle indiqué dans un communiqué.

In RFI

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