Environnement
Drame à la décharge de Dar-Es-Salam, l’UCEG salue la mobilisation des services de l’État
À la suite du drame survenu dans la zone de la décharge de Dar-es-Salam, une délégation de la Plateforme Nationale de l’Union Citoyenne pour l’Émergence de la Guinée (PN-UCEG), conduite par son président, M. Amadou Barry, a effectué une descente sur le terrain ce lundi 24 août afin de constater la situation, rencontrer des personnes affectées et porter des recommandations aux autorités.
Constat de la PN-UCEG
Sur le terrain, la délégation a constaté l’ampleur de la décharge, sa proximité avec des habitations et la nécessité de renforcer durablement la sécurisation de cette zone. La PN-UCEG a également constaté la mobilisation des services de l’État et des équipes chargées de la gestion de la catastrophe.
Nous saluons leur courage, leur engagement et les efforts déployés sur le terrain dans des conditions particulièrement difficiles. La mobilisation constatée mérite d’être reconnue et encouragée.
Cependant, au-delà de la réponse d’urgence, ce drame doit conduire à des décisions structurelles afin d’éviter que des familles continuent à vivre sous la menace d’une nouvelle catastrophe.
Les principales recommandations de la PN-UCEG
- Assurer une prise en charge digne et un relogement sécurisé des personnes affectées.Les familles ayant perdu leurs logements ou se trouvant directement exposées au danger doivent bénéficier de solutions de relogement appropriées. Leur dignité, leur sécurité et leurs besoins essentiels doivent rester au centre de la réponse.
- Mettre en place un mécanisme d’assistance et d’accompagnement des familles ayant subi de lourdes pertes.
Certaines personnes ont perdu des proches, des habitations, des biens et parfois une grande partie de ce qu’elles avaient construit durant leur vie. La PN-UCEG recommande que l’État étudie un mécanisme d’accompagnement social et, lorsque cela est possible et justifié, d’indemnisation ou d’appui aux familles affectées.
- Sécuriser immédiatement le périmètre de la décharge.La PN-UCEG recommande la délimitation et la sécurisation stricte des zones présentant un danger afin d’empêcher de nouvelles installations et de réduire l’exposition des populations.
- Traiter durablement la question des habitations situées dans les zones déclarées dangereuses.Après une évaluation technique et dans le respect des procédures applicables, les habitations situées dans les périmètres présentant un risque grave devraient faire l’objet de mesures de libération de la zone,accompagnées de solutions de relogement et/ou d’indemnisation appropriées pour les personnes concernées.Il ne suffit pas de demander à une famille de quitter une zone dangereuse : il faut lui donner une alternative qui protège sa dignité.
- Faire réaliser une expertise technique sur l’avenir même de la décharge de Dar-es-Salam.
Les autorités compétentes doivent déterminer scientifiquement si ce site peut continuer à accueillir des déchets dans des conditions acceptables de sécurité sanitaire et environnementale. Si les conclusions techniques démontrent que le site n’est plus approprié, la PN-UCEG recommande d’engager progressivement sa fermeture, sa sécurisation et sa réhabilitation, tout en identifiant un site alternatif répondant aux normes nécessaires.
- Cartographier les zones à risque et instaurer une politique permanente de prévention.Conakry et les autres grandes agglomérations doivent disposer d’une cartographie actualisée des décharges, zones inondables, secteurs exposés aux glissements, éboulements et autres risques majeurs.Cette cartographie doit permettre à l’État d’intervenir avant les catastrophes et non uniquement après celles-ci.
Pour la PN-UCEG, le drame de Dar-es-Salam doit nous conduire collectivement à renforcer notre culture de prévention. « L’État, c’est aussi l’anticipation. Nous saluons les efforts actuellement déployés par les autorités et les services mobilisés. Mais après l’urgence, nous devons avoir le courage de prendre des décisions durables : protéger les familles, sécuriser les zones dangereuses, accompagner dignement les victimes et empêcher qu’un tel drame se reproduise. », a déclaré M. Amadou Barry, président de la PN-UCEG.
Après la visite de la décharge, la délégation de la PN-UCEG s’est également rendue auprès de personnes affectées accueillies provisoirement dans une école primaire. Dans la limite de ses moyens, l’organisation leur a apporté une contribution d’urgence en eau potable.
Amadou Barry, Président UCEG
