ACTIVITÉS SECTORIELLES
Lanciné Magassouba et la pisciculture, l’influence d’un choix parental (Portrait)
Portrait-Éco-Week : Lanciné Magassouba est ingénieur de Pêche et Aquaculture, co-fondateur du Cabinet d’Études pour le développement de l’Aquaculture en Guinée (CEDAG). Cet entrepreneur féru de la pisciculture a été fortement influencé par un choix parental. C’est un modèle. Il ambitionne de contribuer activement au développement de la pisciculture en Guinée, car c’est une alternative vitale à la pêche de capture pour l’humanité. Nous lui consacrons un portrait.

Historiquement, l’agropastoralisme est comme pour Magass une tradition familiale. Depuis sa tendre enfance jusqu’à l’université, il a toujours pratiqué l’élevage (bœufs et volailles) et l’agriculture. Convaincu que ce contexte a fortement influencé ses choix futurs. Après son Bac, il a choisi une orientation qui a justifié sa présence au Département Pêche et Aquaculture à l’Institut Supérieur des Sciences et de Médecine Vétérinaire (ISSMV) de Dalaba.

L’entrepreneuriat a commencé à l’influencer lorsqu’il a réellement saisi le champ d’application de ses études. Il a commencé à apprendre dans l’optique d’agir après les études, en allant au-delà de la simple validation des matières et du stockage de savoirs scientifiques. Tous ses stages et formations ont été effectués dans cet objectif.
4è année pour les études universitaires, une année cruciale !
En 4ème année, il a fait son choix de thématique de recherche pour la soutenance. Il avait initialement un thème sur la pisciculture et l’écosystème aquatique. Mais en cette année-là, le Ministère de la Pêche et de l’Économie Maritime (MPEM), via le projet de Pisciculture Commerciale et Familiale (PISCOFAM) a proposé des thèmes de mémoire sur la pisciculture pour cinq (5) étudiants de la promotion sortante. Il fait partie des sélectionnés pour travailler sur ces thèmes. Il a obtenu celui portant sur l’écloserie pour poissons à Siguiri, sous la coordination d’un Consultant de terrain.

Ce consultant a été une aide précieuse pour lui, depuis ce moment jusqu’à aujourd’hui. Leurs liens ont dépassé la consultation formelle : il est devenu à la fois son Coach et son mentor. C’est durant le travail sur ce thème de mémoire qu’ils créé le Cabinet en tant qu’associés et procédé à sa formalisation. Nommé officiellement en 2021 « Cabinet d’Études pour le Développement de l’Aquaculture en Guinée – CEDAG », l’objectif était de créer une structure de conseil (boîte de consulting) dans le secteur de l’aquaculture. Plus spécifiquement en pisciculture, l’objectif était de Contribuer à résoudre les défis du secteur ; accompagner techniquement les entreprises, projets et investisseurs du domaine ; et les approvisionner en des intrants et matériels souvent très difficiles à obtenir en Guinée à cette époque. Cette situation conférait un caractère instable à l’activité, entrainant la perte de nombreux investissements à travers le pays.
Un moment de retrait mais la reprise fructueuse
Il a pris congé pour soutenir son mémoire et revenir. Il a intensifié ses activités jusqu’à créer sa propre exploitation piscicole. C’est là qu’il produit les alevins (petits poissons) et propose des formations sur différents aspects de la pisciculture.
En 2024, il a postulé au Grand Concours Jeunes Entrepreneurs au compte du Cabinet dans l’intention d’obtenir un financement pour un appui pour consolider son installation. Spécifiquement, pour renforcer son système d’approvisionnement en eau et acquérir des bassins de grossissement afin d’élever sur place une partie des alevins que nous produisons. Il ai été lauréat de la Région administrative de Kankan.

Aujourd’hui, le Cabinet contribue activement à la bonne marche de l’activité piscicole en Guinée. Ses actions se traduisent notamment par :
– la stabilisation de la fourniture en intrants et matériels, l’accompagnement technique des acteurs qui faisait grandement défaut.
– le cabinet est importateur officiel de la marque « Fish Tech Maroc », un aliment industriel ayant fait ses preuves sur le marché. Au courant de l’année 2024 par exemple, il a distribué 60 tonnes aux pisciculteurs.
– Des Particuliers, Techniciens d’entreprises et des Investisseurs ont été formés sur différents modules sur la pisciculture tels que l’initiation, le renforcement de capacités techniques en reproduction artificielle et en inversion de sexe et sur ce qu’il faut pour s’investir dans la pisciculture.
– Au compte du Projet PISCOFAM, il a animé quatre séances de formation sur la pisciculture et la reproduction artificielle. Ensuite, il a approvisionné les acteurs accompagnés en divers intrants (alevins, aliments, appareillages et matériels piscicoles). En fourniture d’alevins, il a atteint la barre de 90 000 alevins en 2024 et accompagné à la production de 19 tonnes de poissons grossis (tilapias et poisson-chats).
Il a des partenaires dans le pays tels que l’Agence Nationale de l’Aquaculture de Guinée (ANAG) et d’autres dans les pays voisins tels que le Bénin, Sénégal, Mali, Maroc, Côte d’Ivoire, Ghana, etc.
– Lui et ses associés ont mené des travaux de Recherche-Développement (R&D) sur des thématiques spécifiques du secteur qu’ils ont vulgarisés auprès de leursclients et partenaires.
Il ambitionne de contribuer activement au développement de la pisciculture en Guinée, car c’est une alternative vitale à la pêche de capture pour l’humanité. La pêche de capture sauvage a atteint son maximum de croissance depuis maintenant 30 ans. Malgré l’accroissement de l’effort et la sophistication des moyens, les captures n’augmentent plus.
Or, pendant ces trente ans, la population mondiale n’a cessé de croître. L’enjeu est clair : de plus en plus de consommateurs pour une même quantité de ressources. À cela s’ajoute les défis environnementaux (changement climatique, pollutions et activités en mer) et la dégradation des cours d’eau intérieurs. Des stratégies résilientes adaptées et durables sont donc impératives. D’autres pays ont pris des mesures, et il est temps pour nous aussi de mettre en place en Guinée, une approche consistante et adéquate. C’est le message qu’il lance à toute personne intéressée par le secteur de la pisciculture de façon professionnelle, de prendre contact avec le Cabinet CEDAG .
Djibril Bah
