La Commission Nationale des Frontières de Guinée (CNFG) a tenu ce mercredi 25 mars une session extraordinaire pour l’intégrité territoriale du pays. Les trois pays s’accordent sur les modalités de démarcations, de délimitation et de bornage.
Cette réunion qui s’est tenu au ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation, fait suite au sommet des Chefs d’États du 16 mars dernier provoqué par des tensions à Koudaya et sur le fleuve Makona vise à traduire en actes techniques les volontés politiques de paix et de coopération.

Le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Général à la retraite Ibrahima Kalil Condé affirme que « Je commence d’abord à adresser mes remerciements au Président de la République, son Excellence Mamadi Doumbouya, pour avoir initié la rencontre avec ses frères, ses homologues du Libéria et de la Sierra Leone. Et je profite de la même opportunité d’adresser mes remerciements à nos pères de l’indépendance qui ont bien voulu en 1963, se retrouver dans une organisation sous régionale appelée l’OUA. »
L’objectif de cette rencontre dit-il était de partager des initiatives entre eux en privilégiant le principe de l’intangibilité et le principe de l’inviolabilité des frontières issues de la colonisation. Le Ministre a rappelé avec fermeté l’enjeu de cette sécurisation.
« La Guinée partage 3 399 km de frontières avec six pays limitrophes. Nous avons une superficie de 245 857 km². Il faut retenir que cet espace ne sera pas hypothéqué. Aucun centimètre ne sera soustrait de ces 245 857 kilomètres. Cette détermination guide les objectifs de la session qui doit définir les modalités de délimitation, de démarcation et de bornage avec les voisins du sud, » a-t-il déclaré.
« Sur le plan technique, les défis sont réels. Pour la frontière avec la Sierra Leone (652 km), les experts se basent sur le protocole du 1er juillet 1912 qui définit le tracé selon des éléments naturels ou des lignes droites entre points géographiques. Pour le Libéria (563 km), la situation est plus singulière : la convention de 1907 précise que la frontière suit la rive libérienne du fleuve Makona. Autrement dit, la limite entre les deux pays ne passe pas au milieu du fleuve, mais sur la berge du fleuve. » précise le document technique de la CNFG.
Cette mission de trois mois doit permettre d’informer les membres de la commission sur l’état d’avancement des plans bilatéraux et d’élaborer un chronogramme d’activités précis. En s’appuyant sur le Programme Frontière de l’Union Africaine (PFUA), la Guinée réaffirme sa volonté de transformer ces zones de friction en véritables espaces de développement et de coexistence pacifique.
Fronteco.net