Le procès très attendu de plusieurs membres de la délégation spéciale de Kissidougou, poursuivis pour des faits présumés de détournement de deniers publics, corruption, concussion et complicité, s’est poursuivi lundi 6 octobre 2025 au Tribunal de Première Instance de la ville.
Parmi les principaux accusés figurent :
- El Hadj Mamadi Iva Sano, président de la délégation spéciale
- Mamadi Mansaré, vice-président
- Moussa Kourouma, secrétaire général
- Michel Kamano, receveur
Vu l’état de santé du président de la délégation spéciale et la nécessité d’une expertise comptable approfondie, le parquet a accepté la demande de liberté provisoire, accordée ce jour aux quatre prévenus.
L’expertise comptable, qui débute le 6 octobre, devra s’étendre sur un mois, jusqu’au 6 novembre 2025. En conséquence, les audiences reprendront le lundi 10 novembre 2025 pour la suite des débats.
Les faits reprochés portent notamment sur la gestion de plus de 40 millions de francs guinéens, alloués à un programme de reboisement dans la commune urbaine de Kissidougou. À la barre, Mamadi Mansaré, vice-président, a reconnu que lui-même, le président, le receveur et le secrétaire général s’étaient illégalement partagé 31 millions GNF de ce montant.
Un autre dossier sensible abordé lors de l’audience concerne la disparition d’un camion benne, censé être acheté pour la commune. Selon les déclarations faites au tribunal, Michel Kamano, receveur, a confirmé avoir personnellement remis un chèque de 70 millions GNF au prestataire chargé de la livraison. Neuf mois après la transaction, le véhicule n’a toujours pas été livré et demeure introuvable.
À l’origine de cette procédure judiciaire, sept conseillers de la délégation spéciale avaient dénoncé ce qu’ils qualifient de « gestion opaque » de la commune. Dans les documents qu’ils ont rendus publics — et que nous avons analysés dans nos précédentes publications, les irrégularités financières et administratives observées sont estimées à un montant total de 583.019.301 francs guinéens.
Parmi les faits les plus incriminants figurent :
L’achat supposé d’un camion benne pour 160 millions GNF, jamais livré ;
La mise en place de lampadaires pour un montant de 137 millions GNF, sans preuve de traçabilité ni d’exécution effective du projet.
Le procès, qui capte l’attention de l’opinion locale et nationale, reprendra le 10 novembre 2025, après les résultats attendus de l’expertise comptable. Les prochaines audiences pourraient permettre de mieux cerner les responsabilités individuelles dans cette affaire qui ébranle la gestion communale à Kissidougou.
In Allureinfo