Depuis minuit dans la nuit du mardi 30 septembre au mercredi 1er octobre (4h TU) les États-Unis sont en situation de paralysie budgétaire après l’échec d’un ultime vote au Sénat pour éviter le gel d’une partie des services fédéraux, le fameux « shutdown ».
Les États-Unis sont en situation de paralysie budgétaire. Le Bureau budgétaire du Congrès estime que quelque 750 000 fonctionnaires seront quotidiennement mis au chômage technique, avec une solde différée. Le trafic aérien pourrait être affecté tandis que le versement de nombreuses aides sociales devrait être fortement perturbé. Selon les calculs des analystes de la compagnie d’assurance Nationwide, chaque semaine de « shutdown » pourrait réduire la croissance annuelle du PIB américain de 0,2 point de pourcentage.
Avant même le vote au Sénat, chaque camp se rejetait la faute de l’échec des négociations. Les démocrates « veulent tout fermer, nous ne le voulons pas », a ainsi assuré le président Donald Trump depuis le Bureau ovale. Il a aussi fait monter la pression en assurant que la situation pourrait avoir des conséquences « irréversibles » si les démocrates ne finissaient pas par accepter le budget voulu par les républicains.
« Nous pouvons durant le ‘’ shutdown ‘’, faire des choses qui sont irréversibles, qui seront mauvaises pour eux. Comme licencier de nombreuses personnes », a ajouté le président américain, menaçant d’intensifier les opérations de limogeage de milliers de fonctionnaires fédéraux, déjà entamées avec la commission Doge de son ex-allié Elon Musk.
De leur côté, les démocrates dénoncent le manque de volonté de négociation. « IL EST MINUIT (heure à laquelle a commencé le « shutdown », ndlr). Cela signifie que le blocage républicain vient de commencer parce qu’ils refusent de protéger les soins de santé des Américains. Nous allons continuer à nous battre pour le peuple américain », a posté sur son compte X le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer.
Le président républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson a dénoncé de son côté l’égoïsme de la minorité démocrate. « Les démocrates ont officiellement voté pour FERMER le gouvernement. Résultats : les mamans et les enfants perdent maintenant (les programmes d’aide alimentaire). Les anciens combattants perdent les soins de santé et les programmes de prévention du suicide. La Fema (l’agence américaine de réponse aux catastrophes naturelles, ndlr) perd des moyens pendant la saison des ouragans. Les soldats et les agents de la sécurité aérienne ne sont PAS PAYÉS. La seule question maintenant : combien de temps Chuck Schumer laissera-t-il cette douleur continuer – pour ses propres raisons égoïstes ? », a posté sur X, Mike Johnson.
Un scénario connu des américains
Le dernier « shutdown », de fin décembre 2018 à fin janvier 2019, durant le premier mandat de Donald Trump, avait duré 35 jours un record. Au vu du caractère très impopulaire d’une telle situation, démocrates comme républicains tentent traditionnellement d’éviter cette paralysie fédérale, parfois au dernier moment. Mais en cas d’échec, chacun tente d’en rejeter la responsabilité sur le camp adverse.
Donald Trump a ainsi déjà vitupéré à plusieurs reprises contre les chefs démocrates et a publié sur sa plateforme Truth Social un montage vidéo généré par l’intelligence artificielle montrant le chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, affublé d’une longue moustache et d’un sombrero mexicain. Un montage dénoncé comme « raciste » par le principal intéressé, qui regrette en outre l’absence de dialogue constructif.
Tous ont déjà en tête les élections législatives de mi-mandat en novembre 2026, lors de laquelle la majorité républicaine au Congrès sera remise dans la balance. Et en attendant l’heure limite de minuit, les lignes n’ont pas bougé.
In RFI