En Côte d’Ivoire, la campagne intermédiaire de commercialisation du cacao a officiellement démarré le 1er mars, avec un mois d’avance sur la date initialement prévue. La faute à la crise que traverse la filière : plusieurs dizaines de milliers de tonnes de fèves n’ont pas pu être vendues lors de la campagne principale. Parmi les raisons invoquées : le prix minimum garanti du cacao ivoirien. À 2 800 francs CFA le kilo, il dépasse de 60 % le cours mondial. Une baisse est donc attendue. Certains producteurs espèrent ainsi pouvoir écouler leur marchandise lors de cette petite campagne.
C’est l’histoire d’un prix record à 2 800 francs CFA le kilogramme, manne devenue un boulet pour le cacao ivoirien. « C’était un bon prix, explique Stéphane, planteur près de Daloa. Mais arrivé à un certain moment en tout cas, tout s’est bloqué. Le cacao, au moment même où je vous parle, les gens ne peuvent pas l’acheter. Quand les gens viennent, on leur propose même à 1 000 francs la tonne et ils disent qu’ils n’ont pas d’argent pour. »
Car l’or brun a perdu 60 % de sa valeur en un an : le kilo se négocie autour de 1 600 francs CFA (2,43 euros) actuellement sur les marchés mondiaux. Le prix du cacao ivoirien, fixé lors de la campagne principale, est donc jugé trop cher.
Quid du prix révisé du kilo bord-champ ?
C’est en tout cas l’avis de Lambert, planteur à Toumodi. Il n’a pas pu vendre un tiers de sa production. Pour lui, la petite campagne peut donc être une bouée de sauvetage. « La campagne intermédiaire est aussi un espoir pour nous pour pouvoir vendre la troisième vague, explique-t-il. Si le gouvernement peut faire ça, assurer l’achat, ce sera bon, parce qu’il faut payer les manœuvres et tout le travail autour du cacao. »
Reste à connaître le prix révisé du kilo bord champ. Sollicité, le Conseil café-cacao n’a pas souhaité s’exprimer, tout comme plusieurs coopératives.
In RFI