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Face à la guerre commerciale, le Canada mise sur les mégaprojets pour diversifier son économie

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Au Canada, le Premier ministre Mark Carney accélère une série de mégaprojets lancés à une vitesse record pour stimuler l’économie et réduire la dépendance aux États-Unis. Ports, mines, centrales, autoroutes, pipelines : autant de projets qui suscitent espoirs et questions.

 

Dès son élection en avril, Mark Carney avait annoncé la couleur : « Construisons à tout-va » (« build, baby, build »), reprenant ironiquement un slogan du président américain Donald Trump. L’objectif : engager la plus grande transformation de l’économie canadienne depuis la Seconde Guerre mondiale et tenir tête à Washington  après une série d’attaques commerciales.

Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche et ses menaces protectionnistes ont provoqué un électrochoc. Droits de douane, tensions frontalières, menaces d’annexion : autant d’avertissements qui ont poussé Ottawa à diversifier ses partenaires économiques, notamment vers l’Europe et l’Asie.

Plus de 40 milliards d’euros d’investissement  

 Sur la liste des projets annoncés : agrandissement du port de Montréal, petit réacteur nucléaire en Ontario, usine de gaz naturel liquéfié (GNL), deux mines de cuivre dans l’ouest canadien, extension du pipeline Trans Mountain et de nouveaux tronçons d’autoroutes.

Ces chantiers pourraient générer des dizaines de milliers d’emplois et plus de 60 milliards de dollars (à peu près 41,4 milliards d’euros) d’investissements. Mark Carney espère faire du Canada une superpuissance énergétique, en s’appuyant sur ses immenses richesses minières et pétrolières.

Pour accélérer leur mise en œuvre, Ottawa a créé un Bureau des grands projets chargé de superviser et de réduire les délais d’autorisation à deux ans maximum, contre parfois près de dix auparavant. « Il faut tailler dans la paperasse au nom de l’intérêt national », insiste le Premier ministre.

Jusqu’ici, le gaz canadien transitait presque exclusivement vers les États-Unis par gazoduc. Avec le GNL, il pourra désormais être exporté par bateau vers l’Europe et l’Asie. Même logique pour le cuivre et les autres minerais : : Ottawa veut développer de nouveaux marchés grâce à des infrastructures portuaires modernisées.

Mais la dépendance reste forte : 75 % des exportations canadiennes continuent de se diriger vers les États-Unis. La guerre commerciale l’a bien montré : chaque taxe américaine a rappelé la fragilité de cette dépendance.

In RFI

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