Environnement

Dégradation du littoral, les habitants de Tayaki paient le lourd tribut

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Les zones côtières guinéennes notamment celles de la ville de Conakry subissent une forte dégradation dont les causes s’expliquent par des occupations illégales, la coupe abusive du bois, le remblayage. Il convient de rappeler que la mangrove, barrière naturelle,  revêt une importance capitale pour l’homme et sa destruction par ce dernier conduit inéluctablement à des catastrophes naturelles. Ce comportement ne peut répondre aux attentes des objectifs du développement durable.  À l’occasion de la célébration en différé les 27 et 28 juin de la journée mondiale de l’environnement, la rédaction de fronteco.net vous propose ce reportage.

 

À Tayaki, une presqu’île des pêcheurs situés près de Cobaya, dans la commune de Lambandji, avec une population de 1200 habitants, l’heure est grave.

Youssouf Conté, l’imam de la contrée, assiste depuis plusieurs années avec impuissance, à la montée des eaux. « Comment mettre des digues alors que nous n’avons pas de moyens : Des blocs, du sable et du ciment où nous allons trouver cela ?  Nous n’avons aucune possibilité sauf l’implication de l’État », déplore -t-il.

Aboubacar Demba Bangoura, également habitant de Tayaki, renchérit : « Nous sommes envahis par l’eau. Nos habitations sont détruites. C’est la 4ème mosquée que nous sommes en train de reconstruire. Nos cultures : la pastèque, le gombo, l’eau a tout détruit ».

La culture maraichère est aussi fortement impactée par la dégradation de la mangrove, d’où l’appel de Fatoumata Camara, habitante : « Avant, nous avions des jardins potagers. Maintenant ce n’est pas le cas parce que l’eau a fait disparaître tout. On se demande quelle activité entreprendre maintenant. Nous les femmes, sommes les plus impactées par la dégradation du littoral. »

 

 

Ces populations insulaires qui manquent presque de tout risque le pire si rien n’est fait. En saison sèche, c’est une autre réalité qui se présente à eux.

Aboubacar Demba Bangoura, témoigne : « Premièrement, nous n’avons pas d’eau potable. Aussi, nous n’avons pas accès à des soins de santé de qualité. Nous n’avons pas d’hôpital. »

La mangrove est une zone de stagnation de l’eau pour son absorption. Un processus naturel qui empêche l’inondation. Elle abrite également des espèces aquatiques qui y viennent pour se reproduire.  Face à l’intrusion immobilière dans ce lieu, un cadre d’échanges s’avère nécessaire pour les spécialistes de l’environnement pour sauver ce qui peut l’être. Pour en savoir davantage, notre équipe de reportage a rencontré la direction générale du centre national de protection de milieux marins et de zones côtières.

Lama You Camara est le Directeur général du centre national de protection du milieu marin et des zones côtières ( CNPMZC) : « Vous n’êtes pas sans savoir que l’augmentation de la population au niveau de Conakry et ses corollaires de construction, de remblayages, sont des facteurs qui dégradent l’écosystème de la mangrove. Sans oublier que notre cote est très convoitée par les sociétés minières ; »

En Guinée, force est de reconnaître que peu d’associations militent en faveur de la protection du littoral.

Moussa Sangaré, acteur de la société civile guinéenne dénonce la situation : « Les gens ont tendance à toujours construire au bord de la mer en dégradant de façon unilatérale le littoral. Alors que ce sont des endroits propices au développement des petits animaux, des zones de reproduction des poissons ; »

L’occupation anarchique des milieux marins ne date pas d’aujourd’hui, les forêts urbaines et périurbaines ont quasiment disparu à Conakry. Chaleur et inondations sont de plus en plus fréquentes. Un phénomène qui affecte dangereusement les conditions de vie des populations urbaines.

Djibril Bah

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