Fronteco: Qu’est ce qui explique selon vous ce manque de liquidité dans les banques?
Dr Chérif : Normalement, c’est la banque centrale qui doit ravitailler les banques primaires. À ce jour , elle n’arrive pas à honorer ces engagements vis-à-vis de ces banques. C’est ce qui est à l’origine de ce manque de liquidité dans les banques commerciales. Malgré l’arrivé sur le marché monétaire des nouveaux billets de 20.000fg , la banque centrale n’arrive pas à réguler le flux monétaire en Guinée.
Fronteco: Quels sont les impacts de cette crise sur la population ?
Dr Chérif : Le manque de liquidité à la banque centrale peut occasionner le refus des banques primaires à se prêter elles-mêmes. Exemple, si la banque X manque d’argent, elle peut demander à une autre banque de lui prêter vise versa.
Ensuite, cette crise peut provoquer l’inflation une offre moyenne de la monnaie par rapport à la demande peut entraîner une hausse des prix sur le marché.
Fronteco : est-ce une première en Guinée ?
Dr Chérif: Le pays a connu une telle situation dans le passé, mais en terme de gravité c’est une première.
Fronteco : Quelles sont les solutions pour endiguer cette crise?
Dr Chérif : Aujourd’hui, le taux directeur de la banque centrale se situe à 20% . L’une des meilleures solutions c’est la réduction de ce taux pour permettre aux banques primaires de se réapprovisionner à la banque centrale, on appelle ce système le réfinancement. En plus, la banque centrale doit avoir une communication transparente vis-à-vis des acteurs financiers .
Amadou Gakou Keita